Tu t'irrites d'être homme, oubli, poussière, atome ;
D'ignorer quel épi tu portes, ô vil chaume !
D'être une algue dans le reflux ;
De trembler comme un cerf que suit une lionne,
Et d'être, sous le ciel qui reste et qui rayonne,
Celui qui passe et qui n'est plus ;
Et de ne pouvoir pas faire avec tes menaces,
Avec tes doigts crispés et tes ongles tenaces,
Ta sagesse et ta passion,
Tes faux temples, tes faux soleils, tes faux tonnerres,
Tes meurtres, tes fureurs, tes crimes et tes guerres,
Un pli dans la création !
extrait Victor Hugo
Un fragment de nous
Une lunaison pour être happée vers les vertiges et les vestiges, chronique de deux
Mondes ou tout bascule entre chao et espoir, un fil d’Ariane tendu entre bombes et
Satellites , deux âmes arrachées au temps , entre le rêve et le cauchemar , Une mécanique céleste suspendue hors du temps ou les prismes reflètent le cœur dans son essence , protégée par d’autres Dieux comme une offrande .
geek
Il est l'affection et le présent puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver
écumeux et à la rumeur de l'été, lui qui a purifié les boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la
force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase.
Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuses et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la
nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie…
Et nous nous le rappelons et il voyage… Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa promesse sonne : « Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette
époque-ci qui a sombré ! »
Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce pêché : car c'est fait, lui étant, et
étant aimé. Ô ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action.
Ô fécondité de l'esprit et immensité de l'univers !
Son corps ! le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle !
Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite.
Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense.
Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions.
Ô lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues.
Ô monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux !
Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le
héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour.
En toute humilité je m'efforcerai d'être aimant, véridique,
honnête et pur, de ne rien posséder dont je n'aie pas besoin,
de mériter mon salaire par mon travail, d'être perpétuellement
vigilant sur ce que je bois et je mange, de toujours être
intrépide, de respecter les autres religions autant
que la mienne et de chercher à toujours voir le bien
chez mon prochain, de suivre fidèlement le svadeshi et
d'être un frère pour tous mes
frères.
Tolérance ou égalité des religions
Je rejette toute doctrine religieuse qui ne fait pas
appel à la raison et qui se trouve en conflit avec la
moralité. Je tolère le sentiment religieux déraisonnable
quand il n'est pas immoral
Le Dieu du musulman est-il autre que le Dieu de l'hindou ?
Les religions sont comme des routes
différentes convergeant vers un même point.
Qu'importe que nous empruntions des itinéraires
différents, pourvu que nous arrivions au même but.
Quelle raison aurions-nous donc de nous quereller ?
La règle d'or de notre conduite est donc la tolérance mutuelle,
puisque nous ne penserons jamais tous la même chose et que
nous verrons la Vérité par fragments et sous différents angles.
La conscience n'est pas la même pour tous.
Elle est un bon guide pour la conduite individuelle, mais
si l'on voulait imposer cette conduite à tous, ce serait un empiètement
intolérable sur la liberté de conscience de chacun.
La prière est l'essence même de la religion; elle doit donc être la moelle
de la vie de l'homme, car nul ne peut vivre sans religion.
Prier n'est pas demander. C'est une aspiration de l'âme.
C'est une admission quotidienne de notre faiblesse.
Il vaut mieux mettre son coeur dans la prière sans
trouver de paroles que trouver des mots sans y mettre son coeur.
La Religion unique est au-delà du domaine du langage.
Des hommes imparfaits ne peuvent l'exprimer que dans le langage
dont ils disposent,et leurs paroles sont interprétées par
d'autres hommes également imparfaits.
Quelle est l'interprétation que l'on doit accepter comme la vraie ?
Chacun a raison de son propre point de vue,
mais il n'est pas impossible que tout le monde ait tort.
D'où la nécessité de la tolérance,
qui n'est pas de l'indifférence pour sa propre foi, mais un
amour plus pur et plus intelligent pour cette foi.
Gandhi
Sur les marches du Lincoln Memorial à Washington D.C., le 28 août 1963.
" [...] I say to you today, my friends, that in spite of the difficulties and frustrations of the moment, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
Et je vous dis aujourd'hui, mes amis, que malgré toutes les difficultés et les frustrations de ce moment,
j'ai quand même un rêve. C'est un rêve profondément ancré dans le rêve
américain.
I have a dream
that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: "We hold these truths to be self-evident: that all men are created
equal."
EN MARGE DES INSTANTS
liquides.
...Et c'est ainsi qu'après chaque nuit, nous retrouvant en face d'un jour nouveau, l'irréalisable nécessité de le combler nous transporte d'effroi; et, dépaysés dans la lumière, comme si le monde
venait de s'ébranler, d'inventer son Astre, nous fuyons les larmes -dont une seule suffirait à nous évincer du temps.
Les désoeuvrés saisissent plus de choses et sont plus profonds que
les affairés: aucune besogne ne limite leur horizon; nés dans un éternel dimanche, ils regardent -et se regardent regarder. La paresse est un scepticisme physiologique, le doute de la chair. Dans
un monde éperdu d'oisiveté, ils seraient les seuls à n'être pas assassins. Mais, ils ne font pas partie de l'humanité, et, la sueur n'étant pas leur fort, ils vivent sans subir les conséquences
de la Vie et du Péché. Ne faisant ni le bien ni le mal, ils dédaignent -spectateurs de l'épilepsie humaine -les semaines du temps, les efforts qui asphyxient la conscience. Qu'auraient-ils à
craindre d'une prolongation illimitée de certaines après-midi, sinon le regret d'avoir soutenu des évidences grossièrement élémentaires ? Alors, l'exaspération dans le vrai pourrait les induire à
imiter les autres et à se plaire à la tentation avilissante des besognes. C'est le danger qui menace la paresse, -miraculeuse survivance du paradis.
(La seule fonction de l'amour est de nous aider à endurer les après-midi dominicales, cruelles et incommensurables, qui nous blessent pour le reste de la semaine -et pour l'éternité.
Sans l'entraînement du spasme ancestral, il nous faudrait mille yeux pour des pleurs cachés, ou sinon des ongles à ronger, des ongles kilométriques... Comment tuer autrement ce temps qui ne coule
plus ? Dans ces dimanches interminables le mal d'être se manifeste à plein. Parfois on arrive à s'oublier dans quelque chose; mais comment s'oublier dans le monde même ? Cette impossibilité est
la définition de ce mal. Celui qui en est frappé n'en guérira jamais, alors même que l'univers changerait complètement. Son coeur seul devrait changer, mais il est inchangeable ; aussi pour lui,
exister n'a qu'un sens: plonger dans la souffrance, -jusqu'à ce que l'exercice d'une quotidienne nirvânisation l'élève à la perception de l'irréalité...)
Cioran
Syllogismes de l'amertume
LE JARDIN PARFUME
MANUEL D'EROTOLOGIE ARABE DU CHEIKH NEFZAOUI
La beauté devant moi fasse que je marche
La beauté derrière moi fasse que je marche
La beauté au-dessus de moi fasse que je marche
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche
La beauté tout autour de moi fasse que je marche
Strophe du Kledze Hatal, chant shaman navaj
Ce bref instant de vie accordé par le divin le sacré, me plonge entre ténèbres et beautés, paradoxes de mondes élaborés par
Tous ces poètes et ces sages qui bercent mes mythes mes réalités, le moindre écrit me procure un nouveau souffle pour
Ne pas perdre pied ni m’égarer.
Le Bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté,
Mais réside là, tout proche,
Dans la détente et l’abandon.
Ne sois pas inquiet, il n’y a rien à faire.
Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance,
Parce que dépourvu de toute réalité.
Ne t’attache pas aux pensées, ne les juge pas.
Laisse le jeu de l’esprit se faire tout seul,
S’élever et retomber, sans intervenir.
Tout s’évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Cette quête même du bonheur est ce qui t’empêche de le trouver.
Comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper.
Parce qu’il n’existe pas, parce qu’il a toujours été là,
Et parce qu’il t’accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des choses bonnes ou mauvaises,
Elles sont semblables aux arcs-en-ciel.
A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain.
Dès lors qu’on relâche cette saisie, l’espace est là,
Ouvert, hospitalier, et confortable.
Alors jouis-en.
Ne cherche plus.
Tout est déjà tien.
A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable,
L’éléphant qui demeure tranquillement chez lui.
Cesse de faire.
Cesse de forcer.
Cesse de vouloir.
Et tout se trouvera accomplit,
Naturellement.
Lama Guendune Rinpoche
Combien d’oeils percent nos mémoires abyssales
Sommes nous l’enfant adulte déjà fécondé lors de l’acte de
l’amour ?
Quel premier sentiment, première perception, première intuition, détermine notre
accouchement d’humain ?
L’héritage chromosomique nous induirait il en erreur jusqu'à notre fin ?
Comment appréhender la douleur d’être soi et s’affranchir sans souffrir ?
La vie ne serait elle pas qu’une illusion …
La trash
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